Disques PlayStation arrêtés en 2028 : Shawn Layden défend les 20 % de joueurs qui achètent encore des boîtes
Pour l’ancien patron des studios PlayStation, les acheteurs de jeux physiques comptent plus que leur poids commercial. Il admet pourtant ne rien connaître des arbitrages financiers

En bref
- Sony cessera de presser des disques pour ses nouveaux jeux à partir de janvier 2028.
- Les disques déjà sortis restent jouables et les titres antérieurs pourront être réimprimés.
- Shawn Layden juge les acheteurs de jeux physiques essentiels à l’image de PlayStation.
- Le directeur financier de Sony maintient le calendrier malgré les critiques.
Non, vos jeux sur disque ne deviendront pas inutilisables : la décision de Sony ne vise que les titres qui sortiront après la bascule. Reste une question de fond, posée par Shawn Layden, ancien dirigeant de PlayStation Worldwide Studios, dans le podcast The Expansion Pass : que perd-on quand le support physique disparaît ?
Ce que Sony a décidé, et ce qui ne change pas
L’annonce officielle date du 1er juillet 2026. À partir de janvier 2028, Sony Interactive Entertainment ne fabriquera plus de disques pour les nouveaux jeux publiés sur ses consoles. Ils seront distribués uniquement par le PlayStation Store et le PSN.
Pour une ludothèque existante, le calendrier est rassurant. Les disques déjà en circulation continueront de fonctionner, et les jeux sortis avant 2028 pourront encore être réimprimés. Seuls les achats futurs sont concernés.
Un support devenu minoritaire
Sony avance en terrain connu : selon ses propres chiffres, le téléchargement domine déjà les ventes de jeux complets sur PS4 et PS5.

Le constat est comparable en France, à une autre échelle :
| Marché | Repère | Source |
|---|---|---|
| France, ensemble du jeu vidéo | 5,8 milliards d’euros | SELL |
| France, part du disque | environ 7 % | SELL |
Layden plaide pour le noyau dur
L’ancien responsable ne nie pas l’attrait du dématérialisé : lancer un jeu d’une pression sur la manette, sans traverser le salon pour insérer un disque, lui paraît évident. Il se range pourtant du côté des boîtes, et chiffre ce public de façon volontairement approximative.
« Mais je pense vraiment que, particulièrement dans le domaine du jeu vidéo, peut-être 80% des gens téléchargent leurs jeux et 20% ne le font pas, ou quelle que soit cette répartition. Mais ces 20% sont extrêmement importants. »
Shawn Layden, ancien dirigeant de PlayStation Worldwide Studios
Il voit dans ces joueurs les plus fidèles des fidèles et les compare aux collectionneurs de bandes dessinées : certains achètent deux exemplaires, l’un restant sous blister, l’autre servant à jouer. À ses yeux, renoncer au disque nuira beaucoup à l’image de Sony et fera de l’achat d’un jeu l’acquisition d’un simple accès.
Layden fixe lui-même les limites de son avis. Il n’était pas présent lors des discussions internes et dit ignorer les contraintes financières derrière l’arbitrage. Le chiffre de 20 % reste donc une estimation personnelle, pas une donnée mesurée.
Disque ou licence, ce que vous possédez vraiment
Comme le rappelle La Crème Du Gaming, la différence entre les deux formats est d’abord juridique et pratique.
Le disque
- Peut être prêté à un proche
- Peut être revendu
- Peut être transmis
Le jeu dématérialisé
- Prend la forme d’une licence
- Reste rattaché à un compte
Le sujet n’est pas théorique chez Sony : la société a déjà supprimé de son store certains films que des clients avaient achetés en vidéo à la demande. Côté calendrier, le directeur financier a indiqué que le plan serait maintenu malgré les réactions négatives, et aucune interview n’a fait bouger la date d’arrêt de la production de disques.
Photo : cottonbro studio / Pexels

